Nos vieux rêves oubliés

Publié le par KalaSoa

Il y a quelques semaines, j’ai retrouvé un vieux journal intime qui date de mes seize ans. Pêché parmi de vieux cahiers de cours que ma mère voulait brûler, elle l’a récupéré in extremis et me l’a rendu. Sur le coup, j’ai eu vaguement honte. Maman l’a-t-elle lu ? Puis je me suis plongé dans la lecture. Et ce fut la honte assurée ! Comment ai-je pu écrire de telles inepties ? Puis je me suis rappelé que j’avais seize ans à l’époque. Seize ans ! On pourrait dire que j’avais le monde à mes pieds, puisque j’avais la vie devant moi. Mais l’image que mes écrits m’ont donnée m’a ouvert les yeux sur certaines choses. A seize ans, ma vision du monde était tellement étriquée. Qu’est-ce qui comptait pour moi à cette époque ? Moi, moi et encore moi. Un égocentrisme aigu, mais aussi un mal-être caractéristique de l’adolescence. Et un questionnement intense, qu’est-ce que j’allais devenir ?

J’avais peur de l’avenir. Je luttais pour devenir grande, alors que mon entourage ne voyait que l’enfant en moi.  Et j’avais beaucoup de rêves. J’en avais tellement qu’au cours des quinze ans et des poussières (d’étoiles !!) qui ont suivi, je les avais oubliés. J’avais oublié que je rêvais de devenir une jeune femme bien dans ma peau, avec un emploi que j’aime, de fonder une famille, d’aller faire le tour du monde, ou encore aller dans l’espace intersidéral. J’étais tellement prise par la gestion du quotidien que je n’avais pas réalisé qu’une partie de mes rêves de l’époque s’était déjà concrétisée. Je me suis mariée, j’ai eu des enfants, je fais quelque chose que j’aime.

Mais l’humain est ainsi fait. Il ne peut vivre que dans une perspective de nouveaux  rêves, de nouveaux projets. Et parfois, on oublie que nos vieux rêves sont en train de se réaliser, et on n’en profite même pas, parce qu’on est trop pris par nos nouveaux projets. Je pense qu’il est essentiel d’avoir toujours de nouvelles perspectives, d’être tourné vers l’avenir, et de toujours aller de l’avant. Mais parfois, il est aussi nécessaire de faire une petite pause. De voir et d’apprécier le chemin parcouru. Avec beaucoup d’émotions, j’ai réalisé que j’ai beaucoup grandi depuis ce vieux journal intime de mes seize ans. Mais je ne dois pas oublier non plus que cette adolescente fait toujours partie de moi, et que c’est elle qui a fait ce que je suis. Dans vingt ans, si Dieu le permet, je lirais cet article avec un autre regard. J’aurais peut-être de nouveau honte. Mais je suis sûre que je serais heureuse parce que je sais que j’aurais accompli d’autres projets, d’autres rêves. Et que j’aurais pris le temps d’apprécier chaque seconde de mes rêves qui se réalisent.

Apprécions chaque moment qui nous est offert. Parce qu'il est unique.

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Hortense Batindek 12/09/2010 15:03


Ton témoignage ou récit reflète notre réalité à toutes. Nous passons parfois très près de nos rêves sans nous en rendre compte. Il faut donc savoir faire un stop, un bilan. Surtout, oser écouter
ses pulsions pour pouvoir réaliser ses passions. Mais, les regrets font régresser, car tout ce que Dieu permet est bon pour celui qui croit.
Nous, femmes osons vivre de nos passions et penser un peu plus à nous.